Comment les déchets redeviennent matière première
Réutiliser, recycler, récupérer l’énergie : l’ordre de priorité européen, ce qu’il économise, et la place des centres de tri dans la boucle.

En 2023, chaque Belge a produit en moyenne 699 kilos de déchets municipaux, selon Eurostat, et la façon de les traiter pèse sur l’environnement comme sur notre quotidien. Un déchet peut être brûlé, enfoui, ou transformé en autre chose. C’est cette dernière voie que suit l’économie circulaire.
Le modèle linéaire tient en trois verbes : extraire, produire, jeter. L’économie circulaire traite le déchet comme une ressource et cherche à réduire l’impact de chaque étape, de la conception du produit à sa fin de vie. L’upcycling, cher au mouvement zéro déchet, va jusqu’à fabriquer un objet nouveau à partir d’un rebut.
Un ordre de priorité fixé par l’Europe
La directive-cadre européenne sur les déchets (2008/98/CE) classe les solutions dans cet ordre :
- éviter de produire le déchet ;
- le préparer au réemploi ;
- le recycler ;
- le valoriser autrement, par exemple en énergie ;
- l’éliminer, en dernier recours.
Réutiliser
Un objet réemployé évite à la fois un déchet et la fabrication d’un objet neuf : c’est pour cela que la directive le place avant le recyclage. Sur un chantier, garder à part ce qui peut resservir, avant de remplir le conteneur, évite d’envoyer au tri des matériaux encore utilisables.
Recycler
Le recyclage du verre et de la plupart des plastiques est entré dans les habitudes. On sait moins qu’il demande moins d’énergie, et émet moins de CO2, que la fabrication à partir de matière vierge. Refondre de l’aluminium consomme 95 % d’énergie en moins que d’en produire du neuf, selon l’Institut international de l’aluminium. Dans un four verrier, chaque tranche de 10 % de verre recyclé réduit la consommation d’énergie de 3 % et les émissions de CO2 de 5 %, selon la fédération européenne du verre d’emballage (FEVE).
Chaque matière suit sa filière. Les déchets organiques sont compostés ou biométhanisés. Les plastiques sont triés par résine puis transformés en granulés : à Couillet, l’usine Filao fait de nos bouteilles en PET des granulés pour de nouvelles bouteilles.
Le rôle des centres de tri
Pour qu’une matière reparte en production, il faut d’abord la collecter, la séparer des autres et la débarrasser de ce qui la souille. C’est le travail d’un centre de tri. Plus la séparation est nette, plus la part recyclée augmente.
Notre centre de tri de Rochefort est autorisé jusqu’en 2044 à regrouper, trier, cribler et broyer les déchets non dangereux. Le bois, les métaux, le papier et le carton qui y sont triés repartent comme matière première.
À Amay, près de Huy et de Flémalle, le centre de tri RecyRom est autorisé à regrouper et broyer les déchets non dangereux, et à trier les déchets inertes comme le béton et les briquaillons. Les deux centres reçoivent les dépôts des particuliers et des professionnels, et livrent des conteneurs de chantier ou des conteneurs pour commerces et bureaux.
Récupérer l’énergie
Ce qui ne se recycle pas peut encore produire de l’énergie : c’est la quatrième marche de l’ordre de priorité. En 2022, 44 % des déchets municipaux belges étaient incinérés avec récupération d’énergie, selon l’Agence européenne pour l’environnement. Cette énergie ne fait pas du déchet une matière première : le droit européen exclut du recyclage la valorisation énergétique et la transformation en combustible.
Piles, bois, déchets dangereux : où les porter
Le bois se dépose à Rochefort comme à Amay, dès 6 h en semaine. Les piles vont aux points de collecte Bebat. Nous refusons les déchets dangereux, hormis l’amiante-ciment lié à Rochefort, mais nous vous mettons en relation avec une société qui les reprend. Pour le reste, la liste des déchets acceptés donne, matière par matière, ce que chaque centre reprend.
Un doute sur un déchet ?
Appelez le centre le plus proche : nous vous disons si nous le reprenons, et sinon à qui vous adresser.


